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09 octobre 2015

Philosophie minuscule 1

 Chercher midi à quatorze heures

    Midi est midi. Pourquoi le chercher à une autre place sur le cadran des heures où s’inscrivent les repères de notre temps, de ce temps tel que nous avons choisi de le baliser et de le formuler ? Quête insensée que celle-là : quand il est quatorze heures il n’est pas midi.

Pourtant, ce n’est pas folie. Ce midi n’est pas absolu : il ne coïncide pas toujours avec le milieu du jour et le soleil à son zénith. Selon les saisons, et selon les changements d’heures, midi est plus ou moins le midi. Deux heures de décalage, ce n’est pas grand chose, et il n’est pas déraisonnable alors de prétendre trouver midi à quatorze heures.

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02 octobre 2015

La Philosophie Minuscule

La philosophie minuscule

Premier manifeste

 

 

« Prends ces mots dans tes mains et vois comme ils sont faits » (Queneau)

 

Le philosophe minuscule regarde les mots et les notions au microscope de la pensée pour les agrandir en concepts. Il se caractérise par l’attention qu’il porte à des sujets parfois dédaignés par la « grande » philosophie et relégués trop souvent hors du champ de la réflexion méthodique.

 La philosophie minuscule a pour ambition de mesurer et de baliser au moins quelques infimes portions dans l’infini du savoir.  Etudier l’atome ne vaut pas moins que regarder l’étoile.  Il ne s’agit pas de grossir artificiellement ce qui s’avère peu signifiant. Le microbe reste un microbe, même sous le microscope.

 La philosophie minuscule est d’abord de la philosophie : elle exige rigueur et méthode, elle écarte tout préjugé et opinion a priori. Son projet est le même que toute science : connaître et comprendre la vie. Avec Montaigne elle se demande « Que sais-je ? ». Avec Kant elle s’interroge « Qu’est-ce que l’homme ? ». 

 La philosophie minuscule ne recule devant aucun sujet. L’éclectisme de ses notions, leur trivialité, leur apparence « non philosophique », leur ancrage dans le quotidien, en font une branche de la « pop philosophie » évoquée par Gilles Deleuze et pouvant être définie comme une manière de concevoir « la façon dont l’essentiel se distribue dans l’accessoire » pour « intensifier » et « démocratiser » la pratique philosophique.  Il n’y a pas de « petit » sujet : le sport, la gourmandise, la douche et le bain, la voiture, le bricolage… Tout est question d’échelle, de proportion, de mise en perspective. Songeons à Roland Barthes et à ses fameuses « Mythologies », ou au poète Francis Ponge et son « Parti pris des choses », éloges des légendes de l’ordinaire et des objets sans qualités.

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10 mai 2006

Images je vous hais !



Je dis "image"... et aussitôt je me perds dans un mot sans frontières, dans un continent trop vaste où je m'égare. Image est un labyrinthe, un terme piège, d'une séduisante simplicité et d'une traitreuse complexité.

Parmi les nombreux déguisements de ce mot forcement pluriel, choisissons le plus simple. Quand je dis "image", ici et maintenant, à quoi est-ce que je pense d'abord ? A un objet technique, un support visuel, qui aujourd'hui se décline avec toujours plus de facilités pour toujours plus de spectateurs.
Alors balisons d'abord le terrain dans lequel se produit le geste artistique.

Est-il possible de réflechir à la notion d'image et à la nature de l'art sans rappeler que jamais l'humanité n'a autant produit et diffusé d'objets visuels ? Autrement dit, peut-on encore parler de l'image dans la peinture, par exemple, sans tenir compte du film Titanic ou des photos des top models ? Peut-on décrire l'image mentale en négligeant les affiches de nos rues et les sitcoms télé, les jeux vidéos et Walt Disney ? Je crois fondamentalement que non.

*

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11:00 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)

07 avril 2006

Les transparences de l'auréole

Les transparences de l'auréole

Filippo Lippi était moine. Et amoureux. Son aventure sentimentale avec la belle Lucrezia Buti constitue l'un des épisodes les plus romanesques de l'histoire de la peinture.
Rappelons les faits. C'est à Florence, au XVème siècle. Filippo est moine carme. Il aime Lucrezia, qui est religieuse. Bravant tous les interdits, Filippo enlève Lucrezia et sa sœur Spinetta du couvent où elles se trouvent. Les deux religieuses auraient alors, dit-on, été conduites dans la maison proche de la Porte San Giovanni, achetée en 1455 par l'artiste à l'Oeuvre de la Sainte Ceinture de Prato. Lucrezia donna à Lippi deux enfants : un garçon, Filippino, qui naquit vers 1457 et qui plus tard devint peintre lui aussi, et une fille, Alessandra, née selon toute probabilité en 1465.
L'histoire est belle. Elle conserve suffisamment de zones d'ombre pour alimenter la légende. En d'autres périodes de l'histoire de l'art, l'aventure de ce couple n'aurait été qu'une anecdote, plaisante et savoureuse. Mais dans ce siècle fondateur, le "Quattrocento", et dans cette ville creuset, Florence, l'aventure de Filippo et de Lucrezia a peut-être été à l'origine d'un basculement majeur.

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11:05 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

Enseigner

ENSEIGNER, EN QUELQUES MOTS.
Dans un monde où le livre est si maltraité, où la culture devient l'apanage d'un petit nombre d'initiés au milieu d'un océan de barbarie, l'enseignement de la littérature peut sembler hors de saison. Pourtant, le "prof" garde la foi. Parce que son âme forgée par ses amis les écrivains et les poètes est celle d'un résistant. Parce que son âme méprisée par la société-spectacle est celle d'un révolté. Le prof voudrait ici simplement, en quelques mots, parler de ce qu'il est : un missionnaire et un combattant.

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10:51 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)

Danger de mort

DANGER DE MORT

Il n'est plus temps de voiler la réalité. Il serait aujourd'hui ridicule, vain et dangereux de ne pas dire les choses crûment : le livre est en danger, en danger de mort.
Je parle du livre dans ses genres nobles : roman, poésie, théâtre, essai. Je dis et je soutiens que si rien ne change un processus inéluctable de "délecturation" géréralisée est engagée.
Sur quoi fonder pareille mise en garde?

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10:50 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

L'écartelé

“Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre” (Hugo).


J’ai tourné et retourné cent fois les mots dans ma bouche, et cela n’a pas suffi à m’assurer de leur justesse. J’ai passé des jours et des jours à chercher les clés et les formules, et pour autant je ne sais toujours pas vers quoi je m’avance. Qu’ai-je trouvé, alors ? De nouveaux écartèlements.

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10:40 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)

Rime à rien

A quoi servent ces mots puisque qu’ils ne sauvent rien
A quoi servent mes phrases : elles ne changent rien
A quoi riment ces vers qui ne servent à rien
A quoi sert ce poème qui ne rime à rien

Et pourtant tous les jours je donne d’autres mots
Et pourtant chaque jour j’en cherche de nouveaux
Et pourtant pas un jour sans écrire une ligne
Et pourtant chaque jour je crois en être digne

Trop de mal, de douleurs, et moi je parle encore
Trop de pleurs, trop de morts, et moi j’écris encore
Trop de ruines, trop de bruit, et trop de corps blessés
Trop de haine, d’horreurs, et trop de vies gâchées

Pourquoi continuer malgré tout ce qui hurle ?
Pourquoi continuer dans ce monde qui brûle ?
Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas pour qui
Je ne sais pas pourquoi tant de mots dans ma vie
Je ne sais pas jusqu’où je vais continuer
Je ne sais pas s’il faut murmurer ou crier
Je ne sais pas s’il faut vous parler ou se taire

C’est ainsi que je suis et ainsi je vous dis
Ces mots : c’est pour graver un peu de mon sursis
Ces mots : juste une empreinte, une trace, dire oui
Aux saisons, aux passages, aux chemins, à la vie
Et même aux brûlures de la peau et du coeur
Malgré tout ce qui fuit malgré tout ce qui meurt
Malgré ce qui nous hante et tout ce qui fait peur

Inutiles ces mots, futiles et si fragiles
Mais tant pis s’ils sont faibles tant pis s’ils sont stériles
Ce n’est pas de l’Amour ce n’est pas la Beauté
C’est seulement un geste toujours renouvelé
C’est juste ma façon de dire l’humanité
C’est tout ce qui me reste quand tout va me quitter
Une main que je tends, des mots comme un sourire
Un fragment de statue, un bref éclat de vivre

Quand tout ne rime à rien il faut rimer à tout

Ivre Verbal

Le miracle de l'écriture : épisode 5

" Ma Stéphy,
Quoi qu’il arrive désormais, je garderai l’empreinte de ton corps comme un tatouage intégral, je porterai sur moi le souvenir de tous nos moments comme un piercing à l’âme. Et jamais je n’oublierai ce dimanche de la vie où le monde n’éxistait que pour nous, ce jour d’été parfait où je t’ai rencontré avec mes mains après t’avoir tellement caressée avec mes yeux, ce dimanche idyllique où nous avons roulé si lentement vers la ville dont le cœur ne battait que pour nous, pendant que le soleil faisait l’amour avec la mer, nous montrant comment les amants doivent faire.
C’était il y a un mois. Aujourd’hui, pour ce premier anniversaire, j’ai tenu à t’offrir cette page d’écriture. J’avais promis de t’écrire. Et moi, maintenant, je ne peux plus me passer de toi et je ne peux plus me passer de l’écriture.
Je t’aime, ma Stéphy, parce que tu es comme Marseille : frivole en apparence mais pleine de ressources, d’une insoutenable légèreté mais d’une vraie complexité.
Je veux continuer à t’aimer des pieds à la tête, et vivre avec toi dans cette ville de lumière. Et puis écrire, aussi, parce que l’écriture est un miracle. Comme la vie. Comme toi.
Camel "

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