02 janvier 2012

Création de l'Université Populaire de Provence !!!!

Université Populaire de Provence

 

 « Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir,

un peu de sagesse,

et le plus de saveur possible » 

Roland Barthes

 L ‘Université Populaire de Provence est une structure simple et souple de diffusion et de partage des savoirs. Elle  s’inscrit dans l’esprit des « humanités » de l’Antiquité et de la Renaissance  :  plaisir d’apprendre, idéal humaniste, scepticisme souriant…

Elle a été imaginée et conçue en 2012 par Yves Gerbal, en collaboration avec la Fondation Regards de Provence,  à partir du modèle de l’Université Populaire de Caen fondée par le philosophe Michel Onfray pour lequel « la culture y est vécue comme un auxiliaire de la construction de soi et non une signature sociale ».

L’UP de Provence se présente donc comme une réponse sudiste à la volonté d’essaimage du projet de Michel Onfray dont elle reprend  les principes essentiels :

 - Cours et débats gratuits et ouverts à tous.

- Aucun diplôme ou titre nécessaire.

- Intervenants bénévoles.


L'Université Populaire de Provence met de plus l'accent (du sud !) sur le croisement et le décloisonnement des disciplines, dans un souci constant de vulgarisation intelligenteIl s'agit d’enseigner sérieusement sans trop se prendre au sérieux.

Les cours restent volontairement conçus  comme  des synthèses accessibles à tous dans un objectif de « culture générale ». Le principe devra toujours être que chaque cours s'adresse à un  néophyte mais que le spécialiste puisse y trouver  matière à débat.

L'auditeur visé est donc aussi bien celui qui veut  se « remettre à niveau » dans un contexte simple d’accès et sympathique, que celui, déjà très cultivé, qui vient partager et confronter son savoir. Il s’agit d'éviter  un élitisme qui exclut sans tomber dans l’improvisation ou la seule conversation.

Cette «Université Populaire» ne se substitue en aucun cas à l’Université  «officielle» :  elle ne requiert ni ne délivre aucun diplôme, elle n’évalue pas, elle n’est pas un lieu de recherche. Aucune inscription ne sera nécessaire.

Le programme des cours est prévu sur une saison « scolaire » à raison d’une douzaine de séances par an, en dehors des vacances scolaires de l’Académie d’Aix-Marseille.

Ce programme est conçu avec un objectif de variété des disciplines mais peut être considéré comme un cycle annuel. Les sujets de chaque cours peuvent aussi bien embrasser un thème de manière très vaste que s’arrêter sur un cas particulier mais toujours mis en relation avec une visée plus générale. Une saison de cours n'est pas centrée sur une thématique d'ensemble et fait alterner savoirs fondamentaux et sujets plus insolites.

L'utopie encyclopédique prend ici la forme concrète d'une curiosité tous azimuts, d'un appêtit de gai savoir ... L'éclectisme sera la règle : "L'honnête homme est un homme mêlé" (Montaigne).

Chaque séance a lieu en fin de journée, en semaine, et se déroule de la manière suivante :

1h 15 d’exposé par l’intervenant.

45 mn de discussion avec l’auditoire (questions, compléments, prolongements).

Chaque cours fait l’objet d’une présentation rapide par Yves Gerbal qui assure également la médiation du débat qui suit entre l’intervenant et le public.

Les intervenants sont choisis pour leur capacité à concilier  maîtrise d’un savoir et capacité à le transmettre au plus grand nombre. Ils sont des « passeurs » plutôt que des spécialistes.

Le projet de l’Université Populaire de Provence a été  conçu dès son origine en partenariat avec la Fondation Regards de Provence dont elle est une extension naturelle. La Fondation  accueille toutes les séances dans son Musée de Marseille et relaie toutes les informations concernant l’UP de Provence.


Programme prévisionnel pour 2012/2013 :

Histoire du cinéma en dix films incontournables.

La littérature : une liste idéale…

Qu’est-ce que le design ?

Pourquoi faut-il philosopher ?

Quelques clés pour comprendre l’art contemporain.

Une introduction à la littérature érotique.

Une histoire des mathématiques.

Petite philosophie du marcheur.

Une brève histoire de la poésie.

Les peintres et la Provence.

Dieu est-il soluble dans la science ?

Aspects de la photographie contemporaine.


Pour accéder à l’agenda  définitif : un site est en cours d’élaboration qui renseignera sur le programme, les dates, les noms des intervenants, la localisation, les renseignements complémentaires.  Il sera ouvert le 1er juillet  2012. Vous pouvez en attendant revenir régulièrement ici pour vous tenir informés de l'évolution du projet ou prendre contact à l'adresse :  yves.gerbal@orange.fr

L’initiateur :

Yves Gerbal est professeur agrégé de lettres modernes, diplômé en philosophie (esthétique). Il est également chroniqueur culturel depuis plus de 20 ans en région marseillaise. Il a fondé le premier café-philo de Marseille et animé de nombreux débats dans diverses structures. Il a contribué à un grand nombre d’ouvrages en collaboration avec des artistes, publié plusieurs livres dont les deux tomes de Haïkus de Provence,  et créé une pièce de théâtre. Egalement grand amateur de voyages et de marches au long cours…




10 mai 2006

Images je vous hais !



Je dis "image"... et aussitôt je me perds dans un mot sans frontières, dans un continent trop vaste où je m'égare. Image est un labyrinthe, un terme piège, d'une séduisante simplicité et d'une traitreuse complexité.

Parmi les nombreux déguisements de ce mot forcement pluriel, choisissons le plus simple. Quand je dis "image", ici et maintenant, à quoi est-ce que je pense d'abord ? A un objet technique, un support visuel, qui aujourd'hui se décline avec toujours plus de facilités pour toujours plus de spectateurs.
Alors balisons d'abord le terrain dans lequel se produit le geste artistique.

Est-il possible de réflechir à la notion d'image et à la nature de l'art sans rappeler que jamais l'humanité n'a autant produit et diffusé d'objets visuels ? Autrement dit, peut-on encore parler de l'image dans la peinture, par exemple, sans tenir compte du film Titanic ou des photos des top models ? Peut-on décrire l'image mentale en négligeant les affiches de nos rues et les sitcoms télé, les jeux vidéos et Walt Disney ? Je crois fondamentalement que non.

*

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07 avril 2006

Les transparences de l'auréole

Les transparences de l'auréole

Filippo Lippi était moine. Et amoureux. Son aventure sentimentale avec la belle Lucrezia Buti constitue l'un des épisodes les plus romanesques de l'histoire de la peinture.
Rappelons les faits. C'est à Florence, au XVème siècle. Filippo est moine carme. Il aime Lucrezia, qui est religieuse. Bravant tous les interdits, Filippo enlève Lucrezia et sa sœur Spinetta du couvent où elles se trouvent. Les deux religieuses auraient alors, dit-on, été conduites dans la maison proche de la Porte San Giovanni, achetée en 1455 par l'artiste à l'Oeuvre de la Sainte Ceinture de Prato. Lucrezia donna à Lippi deux enfants : un garçon, Filippino, qui naquit vers 1457 et qui plus tard devint peintre lui aussi, et une fille, Alessandra, née selon toute probabilité en 1465.
L'histoire est belle. Elle conserve suffisamment de zones d'ombre pour alimenter la légende. En d'autres périodes de l'histoire de l'art, l'aventure de ce couple n'aurait été qu'une anecdote, plaisante et savoureuse. Mais dans ce siècle fondateur, le "Quattrocento", et dans cette ville creuset, Florence, l'aventure de Filippo et de Lucrezia a peut-être été à l'origine d'un basculement majeur.

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Enseigner

ENSEIGNER, EN QUELQUES MOTS.
Dans un monde où le livre est si maltraité, où la culture devient l'apanage d'un petit nombre d'initiés au milieu d'un océan de barbarie, l'enseignement de la littérature peut sembler hors de saison. Pourtant, le "prof" garde la foi. Parce que son âme forgée par ses amis les écrivains et les poètes est celle d'un résistant. Parce que son âme méprisée par la société-spectacle est celle d'un révolté. Le prof voudrait ici simplement, en quelques mots, parler de ce qu'il est : un missionnaire et un combattant.

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Danger de mort

DANGER DE MORT

Il n'est plus temps de voiler la réalité. Il serait aujourd'hui ridicule, vain et dangereux de ne pas dire les choses crûment : le livre est en danger, en danger de mort.
Je parle du livre dans ses genres nobles : roman, poésie, théâtre, essai. Je dis et je soutiens que si rien ne change un processus inéluctable de "délecturation" géréralisée est engagée.
Sur quoi fonder pareille mise en garde?

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L'écartelé

“Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre” (Hugo).


J’ai tourné et retourné cent fois les mots dans ma bouche, et cela n’a pas suffi à m’assurer de leur justesse. J’ai passé des jours et des jours à chercher les clés et les formules, et pour autant je ne sais toujours pas vers quoi je m’avance. Qu’ai-je trouvé, alors ? De nouveaux écartèlements.

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Rime à rien

A quoi servent ces mots puisque qu’ils ne sauvent rien
A quoi servent mes phrases : elles ne changent rien
A quoi riment ces vers qui ne servent à rien
A quoi sert ce poème qui ne rime à rien

Et pourtant tous les jours je donne d’autres mots
Et pourtant chaque jour j’en cherche de nouveaux
Et pourtant pas un jour sans écrire une ligne
Et pourtant chaque jour je crois en être digne

Trop de mal, de douleurs, et moi je parle encore
Trop de pleurs, trop de morts, et moi j’écris encore
Trop de ruines, trop de bruit, et trop de corps blessés
Trop de haine, d’horreurs, et trop de vies gâchées

Pourquoi continuer malgré tout ce qui hurle ?
Pourquoi continuer dans ce monde qui brûle ?
Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas pour qui
Je ne sais pas pourquoi tant de mots dans ma vie
Je ne sais pas jusqu’où je vais continuer
Je ne sais pas s’il faut murmurer ou crier
Je ne sais pas s’il faut vous parler ou se taire

C’est ainsi que je suis et ainsi je vous dis
Ces mots : c’est pour graver un peu de mon sursis
Ces mots : juste une empreinte, une trace, dire oui
Aux saisons, aux passages, aux chemins, à la vie
Et même aux brûlures de la peau et du coeur
Malgré tout ce qui fuit malgré tout ce qui meurt
Malgré ce qui nous hante et tout ce qui fait peur

Inutiles ces mots, futiles et si fragiles
Mais tant pis s’ils sont faibles tant pis s’ils sont stériles
Ce n’est pas de l’Amour ce n’est pas la Beauté
C’est seulement un geste toujours renouvelé
C’est juste ma façon de dire l’humanité
C’est tout ce qui me reste quand tout va me quitter
Une main que je tends, des mots comme un sourire
Un fragment de statue, un bref éclat de vivre

Quand tout ne rime à rien il faut rimer à tout

Ivre Verbal

Le miracle de l'écriture : épisode 5

" Ma Stéphy,
Quoi qu’il arrive désormais, je garderai l’empreinte de ton corps comme un tatouage intégral, je porterai sur moi le souvenir de tous nos moments comme un piercing à l’âme. Et jamais je n’oublierai ce dimanche de la vie où le monde n’éxistait que pour nous, ce jour d’été parfait où je t’ai rencontré avec mes mains après t’avoir tellement caressée avec mes yeux, ce dimanche idyllique où nous avons roulé si lentement vers la ville dont le cœur ne battait que pour nous, pendant que le soleil faisait l’amour avec la mer, nous montrant comment les amants doivent faire.
C’était il y a un mois. Aujourd’hui, pour ce premier anniversaire, j’ai tenu à t’offrir cette page d’écriture. J’avais promis de t’écrire. Et moi, maintenant, je ne peux plus me passer de toi et je ne peux plus me passer de l’écriture.
Je t’aime, ma Stéphy, parce que tu es comme Marseille : frivole en apparence mais pleine de ressources, d’une insoutenable légèreté mais d’une vraie complexité.
Je veux continuer à t’aimer des pieds à la tête, et vivre avec toi dans cette ville de lumière. Et puis écrire, aussi, parce que l’écriture est un miracle. Comme la vie. Comme toi.
Camel "

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Le miracle de l'écriture : épisode 4

La plage crie un peu moins fort. Quelques enfants sautent encore dans des vagues molles. Mais les serviettes sont mouillées, les parasols sont repliés, c’est la fin de la journée.
Les femmes commencent, sans ardeur, à ranger leur attirail : lunettes, crème solaire, magazines. Sur leur peau matifiée brille l’or vrai ou faux de bijoux clinquants. Entre elles, elles parlent bruyamment. Elles rient, le cœur épanoui par la magie de l’instant, quand on savoure encore plus la longueur des jours parce que ce sont les derniers de l’été. Un sentiment d’éternité. Comme diraient les poètes.

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Le miracle de l'écriture : épisode 3

Là où il était petit boy, Camel, c’était plutôt chacun pour soi et la merde pour tous. Il aurait pu rester au ras du bitume. Mais Camel, c’est un mec d’élite. Il ne le sait pas encore. Il est pas fini, c’est normal. Trop jeune.
Stéphanie, elle, c’est fleur de peau et yeux de biche. Elle a tout placé là, à sa surface. Mais il y a de la place à l’intérieur, à la place du cœur, comme dirait une mauvaise chanson.

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