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07 avril 2006

Le miracle de l'écriture : épisode 4

La plage crie un peu moins fort. Quelques enfants sautent encore dans des vagues molles. Mais les serviettes sont mouillées, les parasols sont repliés, c’est la fin de la journée.
Les femmes commencent, sans ardeur, à ranger leur attirail : lunettes, crème solaire, magazines. Sur leur peau matifiée brille l’or vrai ou faux de bijoux clinquants. Entre elles, elles parlent bruyamment. Elles rient, le cœur épanoui par la magie de l’instant, quand on savoure encore plus la longueur des jours parce que ce sont les derniers de l’été. Un sentiment d’éternité. Comme diraient les poètes.

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10:15 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

Le miracle de l'écriture : épisode 3

Là où il était petit boy, Camel, c’était plutôt chacun pour soi et la merde pour tous. Il aurait pu rester au ras du bitume. Mais Camel, c’est un mec d’élite. Il ne le sait pas encore. Il est pas fini, c’est normal. Trop jeune.
Stéphanie, elle, c’est fleur de peau et yeux de biche. Elle a tout placé là, à sa surface. Mais il y a de la place à l’intérieur, à la place du cœur, comme dirait une mauvaise chanson.

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10:13 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

Le miracle de l'écriture : épisode 2

La moto est frêle. Et eux aussi. Deux corps serrés en équilibre. Têtes nues. Collés. Ils vont lentement, presque sans bruit. Se laissent doubler par les motards sur leurs grosses bécanes qui les dépassent dans un bruit d’enfer. Se laissent doubler aussi par les voitures vitres ouvertes dont s’échappent les gentilles paroles d’une chanson rapée. Mais tout cela s’évanouit étrangement vite dans l’air vaste.

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10:11 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

"Les poissonnières..."

Les poissonières sont belles. Elles ont les mains pleines d'écailles.

Les hommes qu'elles caressent, elles les transforment en poissons.

Alors ils disent : "Arrête ! "

10:05 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)

Le miracle de l'écriture : épisode 1

L’été sent l’été, un mélange d’ambre et d’embruns, de mer et de merguez. Juillet est caniculaire, probablement à cause de l’effet de serre. Mais Camel et Stéphanie oublient le trou dans la couche d’ozone en se léchant le museau. En se faisant le bouche à bouche ils luttent à leur manière contre le gaz carbonique qui, vicieusement, pénètre dans les jolis poumons de Stéphanie.

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10:05 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

"Iloé, à ce point amoureuse..."

Iloé, à ce point amoureuse de ses seins que chaque matin, avec ses mains, elle en retouchait le dessin.
Iloé, qui collectionnait les soutiens-gorge.
Iloé, parmi la soie, le satin, le coton, en rouge, en gris, en blanc, en noir.
Iloé toujours devant son miroir.

Qui connaît les desseins du destin ?

Après quelques amours malheureuses, on retrouva Iloé un couteau dans le coeur, une longue virgule brune comme un bandeau sur l'oeil, et des morceaux de dentelle blanche éparpillés autour d'elle pareils aux bouts d'hostie jetés devant le vampire.
Un rayon de soleil vint recouvrir une dernière fois ces seins de statue, clarté délatoire reflétée par le miroir.

Qui connaît les dessous du désir ?

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"Il courut jusqu'à la place St Marc..."

Il courut jusqu'à la place St Marc, tituba sous les arcades, dépassa le Florian — où un homme à lunettes dorées fumait un havane en lisant les Mémoires de Casanova — arriva au bord de l'eau, regarda, face à lui, le cimetière San-Michele, et s'effondra dans la lagune, sa tête heurtant en tombant une noire gondole.
Jamais l'on ne sut si l'homme au masque blanc mourut empoisonné, comme le prétendirent les médecins, ou s'il fut terrassé par la trop grande beauté du dernier rayon horizontal de soleil rouge qui le frappa au visage avant de s'écrouler avec lui dans l'eau croupissante.

09:09 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

"Amantes, vous avez la peau bronzée..."

Amantes, vous avez la peau bronzée, vous avez le fard et le clin d'oeil, la hanche roulante et la poitrine remuante.
Mais au jour où vous vous délivrez de vos hardes d'hiver je vous confonds, aimantes, avec toutes vos soeurs aux jambes laiteuses.
Et je regarde passer dans une absolue tendresse des cortèges de femmes pâles.
Emouvante blancheur de ces mères des hommes dans leurs mollets, leurs cuisses, qui saluent le soleil très haut.

Vous fûtes aujourd'hui, femmes aux jambes virginales, la plus bouleversante parole de cette époque à demi nue, balbutiante et timide, à l'orée de tous les recommencements.

09:04 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

"Après des centaines de kilomètres..."

Après des centaines de kilomètres de pluie, il a pu enfin arrêter les essuie-glaces, cet obsédant éventail qui lui ouvrait la route au milieu du déluge.
A l'ouest, la plaine s'éclaira, dévoilant des collines menues comme des seins de Vierges.
Sur la gauche, une palette parfaite s'arrondit dans un ciel encore un peu têtu. A sa droite, dans la voiture, la femme brune sommeillait, enfantine et confiante.
La vie était ronde, lumineuse.
Tout paraît si simple, parfois, se dit-il. A quoi bon dessiner ?

Le peintre paresseux continua sa route.

08:55 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

"Je ne voyais, de dos..."

Je ne voyais, de dos, que ses cheveux blonds. A côté de la cabine téléphonique, un enfant l'attendait.
Je l'entendais dire des phrases banales, sur la mer qui était chaude, sur le temps, sur le vent. Et tout à coup elle s'est mise à murmurer : "Je t'aime je t'aime je t'aime". Tout bas, plusieurs fois. Entre d'autres mots sans importance, elle baissait la voix et livrait au téléphone la fulgurante poésie de cette formule magique.
Elle ne savait pas que je l'écoutais.
Après avoir raccroché, elle a donné la main à son enfant. Ils sont repartis dans la lumière de l'été.

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